Dans le cadre dâune procĂ©dure disciplinaire, un salariĂ© convoquĂ© Ă un entretien prĂ©alable risque des sanctions pouvant aller jusquâau licenciement. Lâemployeur doit alors prĂ©ciser la nature et le motif de la sanction envisagĂ©e. Mais une question cruciale sâest posĂ©e rĂ©cemment : doit-il aussi informer le salariĂ© de son droit Ă garder le silence ?
Entretien préalable : le « droit de se taire » réduit au silence ?
Lorsquâun salariĂ© est convoquĂ© Ă un entretien prĂ©alable dans le cadre dâune procĂ©dure disciplinaire, lâemployeur doit indiquer la sanction envisagĂ©e et la raison sur laquelle elle se fondeâŠ
En revanche et jusquâĂ prĂ©sent, rien nâimposait Ă lâemployeur dâinformer le salariĂ© de son droit de garder le silence pendant cet entretien.
Pour certains salariĂ©s, cette absence dâinformation est contraire Ă la Constitution et plus prĂ©cisĂ©ment au principe fondamental selon lequel « nul nâest tenu de sâaccuser », d’oĂč dĂ©coule le droit de se taire.
DĂšs lors, le fait de ne pas informer le salariĂ© de son droit de se taire pendant lâentretien prĂ©alable violerait la Constitution.
Selon eux, une consĂ©cration dâun vĂ©ritable « droit de se taire » est nĂ©cessaire, lequel se traduirait en droit du travail par une information prĂ©alable de lâemployeur Ă cet Ă©gard.
Une position qui nâest pas partagĂ©e par le Conseil constitutionnel : en lâĂ©tat, la rĂ©glementation est bel et bien conforme Ă la Constitution.
Dans sa dĂ©cision, le Conseil rappelle que le droit de se taire, au sens constitutionnel du terme, ne sâapplique quâaux peines et sanctions ayant le caractĂšre dâune punition. Ce qui nâest pas le cas des sanctions prises dans le cadre du droit du travailâŠ
En effet, le « droit de se taire » consacrĂ© ici ne sâapplique quâaux punitions et sanctions traduisant lâexercice du pouvoir Ă©tatique (et de prĂ©rogatives de puissance publique).
Or, ici, les sanctions prises dans le cadre du droit du travail (et donc dâun contrat de travail privĂ©) ne traduisent pas lâexercice dâune sanction au sens de lâautoritĂ© publique. Le droit de se taire tel que conçu par la Constitution ne trouve donc pas Ă sâappliquer donc ce cadre.
En dĂ©finitive, les employeurs ne sont donc pas tenus dâinformer le salariĂ© de son droit de se taire, ni dans la lettre de convocation Ă lâentretien prĂ©alable, ni mĂȘme avant le dĂ©but de lâentretien.
Entretien prĂ©alable : vous avez le droit de garder le silence⊠– © Copyright WebLex


















