Un arrĂȘt maladie dâune durĂ©e infĂ©rieure Ă 60 jours peut-il obliger lâemployeur Ă organiser une visite mĂ©dicale de reprise ? Câest la question Ă laquelle le juge vient de rĂ©pondre dans une affaire rĂ©cemment tranchĂ©eâŠ
Visite médicale de reprise : que faire si le délai conventionnel est plus favorable que le délai légal ?
En principe, lâemployeur est tenu dâorganiser une visite mĂ©dicale de reprise pour le salariĂ© aprĂšs un arrĂȘt maladie ou un accident non professionnel lorsque sa durĂ©e atteint au moins 60 jours.
Mais cette rĂšgle lĂ©gale doit, comme souvent, ĂȘtre articulĂ©e avec les stipulations conventionnelles, notamment lorsquâelles sont plus favorables.
Ici, une salariĂ©e est arrĂȘtĂ©e pour une cause non professionnelle durant 46 jours. Ă son retour, aucune visite mĂ©dicale de reprise nâest organisĂ©e par lâemployeur.
Ce qui Ă©tonne la salariĂ©e, qui rĂ©clame son organisation : pour Ă©tayer sa demande, elle rappelle que lâentreprise applique une convention collective qui prĂ©voit une visite mĂ©dicale de reprise aprĂšs un arrĂȘt de travail dâau moins 3 semaines, soit 21 jours.
Ce que conteste lâemployeur : selon lui, cette disposition conventionnelle renvoie Ă une ancienne rĂ©glementation, depuis modifiĂ©e. Elle serait donc devenue caduque. Il estime quâil faut dĂ©sormais appliquer la rĂšgle lĂ©gale actuelle, qui impose une visite de reprise uniquement aprĂšs 60 jours dâarrĂȘt maladie.
Sauf que le juge, saisi de cette affaire, ne retient pas cette analyse et donne raison Ă la salariĂ©e : pour lui, lorsque la convention collective fixe une durĂ©e dâabsence plus courte Ă partir de laquelle une visite de reprise doit ĂȘtre organisĂ©e, cette durĂ©e continue de sâimposer Ă lâemployeur. Peu importe que la rĂ©glementation ait ensuite Ă©voluĂ© et prĂ©voit aujourdâhui une durĂ©e plus longue.
Autrement dit, la clause conventionnelle nâest pas privĂ©e dâeffet au seul motif quâelle reprend une ancienne durĂ©e lĂ©gale. DĂšs lors quâelle prĂ©voit une rĂšgle plus favorable pour le salariĂ©, elle doit ĂȘtre appliquĂ©e.
Ici, lâarrĂȘt de travail ayant durĂ© 46 jours, lâemployeur devait donc organiser une visite mĂ©dicale de reprise, puisque le seuil de 21 jours prĂ©vu par la convention collective Ă©tait dĂ©passĂ©.
Ainsi, avant de se rĂ©fĂ©rer au seuil lĂ©gal de 60 jours, lâemployeur doit vĂ©rifier ce que prĂ©voit la convention collective qui lui est applicable. Dans lâhypothĂšse oĂč celle-ci prĂ©voit une visite de reprise aprĂšs une durĂ©e dâarrĂȘt plus courte, il devra respecter ce dĂ©lai conventionnel et non le dĂ©lai lĂ©gal de 60 jours.
Visite de reprise : attention Ă ce que prĂ©voit la convention collective ! – © Copyright WebLex




















