Blog

  • Visite de reprise : attention Ă  ce que prĂ©voit la convention collective !

    Visite de reprise : attention à ce que prévoit la convention collective !

    Un arrĂȘt maladie d’une durĂ©e infĂ©rieure Ă  60 jours peut-il obliger l’employeur Ă  organiser une visite mĂ©dicale de reprise ? C’est la question Ă  laquelle le juge vient de rĂ©pondre dans une affaire rĂ©cemment tranchĂ©e


    Visite médicale de reprise : que faire si le délai conventionnel est plus favorable que le délai légal ?

    En principe, l’employeur est tenu d’organiser une visite mĂ©dicale de reprise pour le salariĂ© aprĂšs un arrĂȘt maladie ou un accident non professionnel lorsque sa durĂ©e atteint au moins 60 jours.

    Mais cette rĂšgle lĂ©gale doit, comme souvent, ĂȘtre articulĂ©e avec les stipulations conventionnelles, notamment lorsqu’elles sont plus favorables.

    Ici, une salariĂ©e est arrĂȘtĂ©e pour une cause non professionnelle durant 46 jours. À son retour, aucune visite mĂ©dicale de reprise n’est organisĂ©e par l’employeur.

    Ce qui Ă©tonne la salariĂ©e, qui rĂ©clame son organisation : pour Ă©tayer sa demande, elle rappelle que l’entreprise applique une convention collective qui prĂ©voit une visite mĂ©dicale de reprise aprĂšs un arrĂȘt de travail d’au moins 3 semaines, soit 21 jours.

    Ce que conteste l’employeur : selon lui, cette disposition conventionnelle renvoie Ă  une ancienne rĂ©glementation, depuis modifiĂ©e. Elle serait donc devenue caduque. Il estime qu’il faut dĂ©sormais appliquer la rĂšgle lĂ©gale actuelle, qui impose une visite de reprise uniquement aprĂšs 60 jours d’arrĂȘt maladie.

    Sauf que le juge, saisi de cette affaire, ne retient pas cette analyse et donne raison Ă  la salariĂ©e : pour lui, lorsque la convention collective fixe une durĂ©e d’absence plus courte Ă  partir de laquelle une visite de reprise doit ĂȘtre organisĂ©e, cette durĂ©e continue de s’imposer Ă  l’employeur. Peu importe que la rĂ©glementation ait ensuite Ă©voluĂ© et prĂ©voit aujourd’hui une durĂ©e plus longue.

    Autrement dit, la clause conventionnelle n’est pas privĂ©e d’effet au seul motif qu’elle reprend une ancienne durĂ©e lĂ©gale. DĂšs lors qu’elle prĂ©voit une rĂšgle plus favorable pour le salariĂ©, elle doit ĂȘtre appliquĂ©e.

    Ici, l’arrĂȘt de travail ayant durĂ© 46 jours, l’employeur devait donc organiser une visite mĂ©dicale de reprise, puisque le seuil de 21 jours prĂ©vu par la convention collective Ă©tait dĂ©passĂ©.

    Ainsi, avant de se rĂ©fĂ©rer au seuil lĂ©gal de 60 jours, l’employeur doit vĂ©rifier ce que prĂ©voit la convention collective qui lui est applicable. Dans l’hypothĂšse oĂč celle-ci prĂ©voit une visite de reprise aprĂšs une durĂ©e d’arrĂȘt plus courte, il devra respecter ce dĂ©lai conventionnel et non le dĂ©lai lĂ©gal de 60 jours.

    Visite de reprise : attention Ă  ce que prĂ©voit la convention collective ! – © Copyright WebLex

  • Fin de l’exonĂ©ration de taxe sur les bureaux dans les ZFU-TE : c’est parti ?

    Fin de l’exonĂ©ration de taxe sur les bureaux dans les ZFU-TE : c’est parti ?

    Dans le cadre de la rĂ©forme des dispositifs fiscaux liĂ©s Ă  la politique de la ville, la loi de finances pour 2026 supprime l’exonĂ©ration de taxe annuelle sur les bureaux (TSB) dont bĂ©nĂ©ficiaient certains locaux situĂ©s en zones franches urbaines-territoires entrepreneurs (ZFU-TE). Mais Ă  compter de quand ?

    Fin de l’exonĂ©ration de TSB dans les ZFU-TE : une application diffĂ©rĂ©e

    Pour mĂ©moire, certaines entreprises implantĂ©es dans des zones franches urbaines-territoires entrepreneurs (ZFU-TE) pouvaient bĂ©nĂ©ficier d’une exonĂ©ration de taxe annuelle sur les locaux Ă  usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement (TSB).

    Cette exonĂ©ration concernait les entreprises disposant de bureaux, locaux commerciaux, locaux de stockage et surfaces de stationnement situĂ©s :

    • en Île-de-France ;
    • ainsi que dans les dĂ©partements des Bouches-du-RhĂŽne, du Var et des Alpes-Maritimes. 

    Mais la loi de finances pour 2026 vient mettre un terme Ă  cet avantage fiscal.

    En effet, dans le cadre de la réforme des dispositifs fiscaux de soutien à la géographie prioritaire de la politique de la ville et de la suppression des ZFU-TE, cette exonération est supprimée.

    L’administration fiscale prĂ©cise toutefois que cette suppression ne s’appliquera pas immĂ©diatement.

    En matiĂšre de taxe annuelle sur les bureaux, le principe d’annualitĂ© prĂ©voit en effet que la taxe est Ă©tablie pour l’annĂ©e entiĂšre d’aprĂšs les faits existant au 1er janvier de l’annĂ©e d’imposition.

    Or, la loi de finances pour 2026 ayant Ă©tĂ© publiĂ©e aprĂšs le 1er janvier 2026, les entreprises continuent de bĂ©nĂ©ficier de l’exonĂ©ration pour les impositions Ă©tablies au titre de l’annĂ©e 2026. En pratique :

    • l’exonĂ©ration de TSB dans les ZFU-TE est maintenue pour l’annĂ©e 2026 ;
    • elle sera supprimĂ©e pour les impositions Ă©tablies Ă  compter de 2027.

    Les entreprises disposant de bureaux, locaux commerciaux, locaux de stockage ou surfaces de stationnement situés en ZFU-TE devront anticiper une hausse de leur fiscalité immobiliÚre à compter de 2027.

    Les entreprises concernĂ©es ont donc intĂ©rĂȘt Ă  intĂ©grer dĂšs maintenant cette Ă©volution dans leurs prĂ©visions budgĂ©taires et leurs arbitrages immobiliers.

    Fin de l’exonĂ©ration de taxe sur les bureaux dans les ZFU-TE : c’est parti ? – © Copyright WebLex

  • MĂ©decine du travail : modification des attestations de suivi de l’état de santĂ© des salariĂ©s

    MĂ©decine du travail : modification des attestations de suivi de l’état de santĂ© des salariĂ©s

    DĂšs le 1er juin 2026, plusieurs modĂšles de documents dĂ©livrĂ©s par les services de santĂ© au travail sont modifiĂ©s afin d’en retirer certaines donnĂ©es d’identification personnelle. Quelles sont les informations concernĂ©es ? Sur quels documents ?

    SantĂ© au travail : certaines donnĂ©es d’identification supprimĂ©es des modĂšles de documents

    Pour mĂ©moire, le suivi de l’état de santĂ© des salariĂ©s peut donner lieu Ă  la remise de diffĂ©rents documents par les services de prĂ©vention et de santĂ© au travail ou par la mĂ©decine du travail.

    C’est notamment le cas des avis d’aptitude ou d’inaptitude, des attestations de suivi individuel de l’état de santĂ©, ou encore des propositions d’amĂ©nagement de poste.

    Ces documents doivent respecter des modĂšles rĂ©glementaires, fixĂ©s par arrĂȘtĂ©.

    Dans ce cadre, Ă  compter du 1er juin 2026, plusieurs modĂšles remis Ă  l’occasion du suivi de l’état de santĂ© des travailleurs seront modifiĂ©s.

    Sont concernĂ©s les modĂšles suivants : avis d’aptitude, avis d’inaptitude, attestation de suivi individuel de l’état de santĂ©, proposition de mesures d’amĂ©nagement de poste, ainsi que les attestations d’absence de contre-indications mĂ©dicales Ă  la conduite ou Ă  la rĂ©alisation de certaines opĂ©rations.

    ConcrĂštement, plusieurs mentions liĂ©es Ă  l’identification du salariĂ© seront supprimĂ©es, selon les modĂšles concernĂ©s. Il s’agit notamment des rĂ©fĂ©rences Ă  l’identitĂ© nationale de santĂ© (INS), au NIR/NIA, au Datamatrix INS ou encore au numĂ©ro de SĂ©curitĂ© sociale.

    L’objectif est clair : Ă©viter que ces donnĂ©es, qui n’ont pas vocation Ă  figurer sur les documents dĂ©livrĂ©s par les professionnels de santĂ© au travail ou par les services de santĂ© au travail en agriculture, y apparaissent.

    Cette entrée en vigueur différée au 1er juin 2026 doit permettre aux éditeurs des logiciels utilisés par les services de prévention et de santé au travail de réaliser les adaptations et développements informatiques nécessaires.

    MĂ©decine du travail : modification des attestations de suivi de l’état de santĂ© des salariĂ©s – © Copyright WebLex

  • SMIC : une revalorisation en juin 2026 !

    SMIC : une revalorisation en juin 2026 !

    En raison de la progression de l’indice des prix Ă  la consommation, le SMIC sera automatiquement revalorisĂ© au 1er juin 2026. Une hausse qui s’inscrit dans un ensemble de mesures destinĂ©es Ă  soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs modestes.

    Hausse de 2,41 % du SMIC dans un contexte d’inflation dùs le 1er juin 2026

    Rappelons qu’en pĂ©riode de forte inflation, la loi prĂ©voit un mĂ©canisme de revalorisation automatique du SMIC en cours d’annĂ©e lorsque l’indice des prix Ă  la consommation augmente d’au moins 2 % depuis la prĂ©cĂ©dente revalorisation.

    Ce seuil ayant été atteint au 13 mai 2026, le SMIC sera donc revalorisé à compter du 1er juin 2026.

    Concrùtement, le SMIC horaire brut passera de 12,02 € à 12,31 €, soit une hausse de 2,41 %.

    Le SMIC mensuel brut atteindra ainsi 1 867,02 €, contre 1 823,03 € auparavant, ce qui reprĂ©sente une augmentation de 43,99 € bruts par mois.

    Le SMIC net mensuel sera portĂ© Ă  1 477,93 €, contre 1 443,11 € prĂ©cĂ©demment, soit 34,82 € nets supplĂ©mentaires par mois.

    À Mayotte, le SMIC horaire brut sera fixĂ© Ă  9,56 €, soit 1 449,93 € bruts par mois, contre 1 415,05 € auparavant.

    Cette revalorisation s’ajoute Ă  d’autres mesures annoncĂ©es en faveur des travailleurs modestes, notamment :

    • la mise en place, Ă  compter du 27 mai 2026, d’une aide destinĂ©e aux travailleurs modestes « grands rouleurs » ;
    • l’augmentation de la prime d’activitĂ© Ă  partir du 1er juillet 2026, Ă  hauteur de 50 € par mois en moyenne pour 3 millions de foyers modestes.

    SMIC : une revalorisation en juin 2026 ! – © Copyright WebLex

  • Avantages en nature : du nouveau pour les vĂ©los et vĂ©hicules Ă©lectriques

    Avantages en nature : du nouveau pour les vélos et véhicules électriques

    Dans 2 rĂ©centes mises Ă  jour, l’administration sociale donne des prĂ©cisions sur les avantages en nature liĂ©s aux vĂ©los et vĂ©hicules Ă©lectriques, mis Ă  disposition par l’employeur, toutes 2 applicables dĂšs le 1er juin 2026. Lesquelles ?

    Véhicules électriques : rappel des rÚgles applicables

    Lorsqu’un vĂ©hicule d’entreprise est mis Ă  disposition permanente d’un salariĂ© ou d’un dirigeant et qu’il peut ĂȘtre utilisĂ© Ă  titre privĂ©, cette utilisation constitue un avantage en nature soumis Ă  cotisations sociales.

    Cet avantage peut ĂȘtre Ă©valuĂ© selon 2 mĂ©thodes : soit d’aprĂšs les dĂ©penses rĂ©ellement engagĂ©es par l’entreprise, soit sur la base d’un forfait annuel.

    Depuis le 1er fĂ©vrier 2025, les rĂšgles d’évaluation forfaitaire des avantages en nature vĂ©hicules ont Ă©tĂ© revues Ă  la hausse.

    Des rĂšgles particuliĂšres demeurent toutefois prĂ©vues pour les vĂ©hicules fonctionnant exclusivement Ă  l’énergie Ă©lectrique.

    Pour les vĂ©hicules Ă©lectriques mis Ă  disposition entre le 1er fĂ©vrier 2025 et le 31 dĂ©cembre 2027, l’avantage en nature est d’abord Ă©valuĂ© selon les rĂšgles habituelles, au rĂ©el ou au forfait, sans tenir compte des frais d’électricitĂ© engagĂ©s par l’employeur pour la recharge du vĂ©hicule.

    Un abattement est ensuite appliqué sur le montant ainsi obtenu :

    • en cas d’évaluation au rĂ©el : un abattement de 50 %, dans la limite de 2 026,30 € par an en 2026
    • en cas d’évaluation forfaitaire : abattement de 70 %, dans la limite de 4 641,60 € par an en 2026.

    ConcrĂštement, pour l’évaluation forfaitaire, l’entreprise calcule d’abord l’avantage en nature selon les rĂšgles applicables au vĂ©hicule concernĂ©, puis applique l’abattement de 70 %, sous rĂ©serve du plafond annuel.

    Mais attention : pour les véhicules mis à disposition depuis le 1er février 2025, cet avantage est réservé aux véhicules respectant une condition de score environnemental minimal, aussi appelé « éco-score ».

    En pratique, le véhicule doit figurer sur la liste officielle des voitures particuliÚres électriques éligibles au bonus écologique.

    Éco-score obtenu aprùs la mise à disposition : que se passe-t-il ?

    Dans une mise Ă  jour rĂ©cente, le bulletin officiel de la SĂ©curitĂ© sociale (BOSS) prĂ©cise dĂ©sormais le cas d’un vĂ©hicule Ă©lectrique qui ne figure pas sur cette liste au moment oĂč il est mis Ă  disposition du salariĂ©, mais qui l’intĂšgre par la suite.

    Dans cette situation, l’abattement de 70 % applicable en cas d’évaluation forfaitaire peut ĂȘtre appliquĂ© Ă  compter de la date d’intĂ©gration du vĂ©hicule dans la liste officielle.

    En revanche, pour la pĂ©riode comprise entre la mise Ă  disposition du vĂ©hicule et son inscription sur cette liste, l’avantage en nature doit ĂȘtre Ă©valuĂ© sans application de cet abattement.

    Il n’est donc pas nĂ©cessaire de procĂ©der Ă  une nouvelle mise Ă  disposition du vĂ©hicule pour bĂ©nĂ©ficier de l’abattement : celui-ci s’applique Ă  partir du moment oĂč la condition d’éco-score est remplie.

    Cette prĂ©cision concerne uniquement les vĂ©hicules Ă©lectriques mis Ă  disposition entre le 1er fĂ©vrier 2025 et le 31 dĂ©cembre 2027, lorsque l’avantage en nature est Ă©valuĂ© forfaitairement.

    Vélos mis à disposition : une tolérance officialisée

    Autre prĂ©cision apportĂ©e par le BOSS : lorsqu’un employeur met de maniĂšre permanente un vĂ©lo Ă  la disposition d’un salariĂ©, la valeur de l’avantage en nature correspondant peut ĂȘtre nĂ©gligĂ©e.

    Cette tolĂ©rance vaut que le vĂ©lo soit achetĂ© ou louĂ© par l’employeur et n’est subordonnĂ©e Ă  aucune participation financiĂšre du salariĂ©, ni mĂȘme Ă  sa renonciation Ă  un autre avantage en nature.

    Notez toutefois que cette tolĂ©rance peut ĂȘtre cumulĂ©e avec le forfait mobilitĂ©s durables et avec la prise en charge des abonnements aux transports en commun.

    Cette tolĂ©rance, dĂ©jĂ  mise en Ɠuvre en pratique selon l’administration, est dĂ©sormais inscrite dans le BOSS.

    Ces 2 précisions seront opposables aux URSSAF dÚs le 1er juin 2026.

    Avantages en nature : du nouveau pour les vĂ©los et vĂ©hicules Ă©lectriques – © Copyright WebLex

  • Retraite anticipĂ©e des carriĂšres longues : adaptation des Ăąges de dĂ©part

    Retraite anticipée des carriÚres longues : adaptation des ùges de départ

    La loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale pour 2026 avait assoupli le calendrier de relĂšvement de l’ñge lĂ©gal de dĂ©part Ă  la retraite. En consĂ©quence, les rĂšgles relatives aux dĂ©part anticipĂ© pour carriĂšre longue viennent tout juste d’ĂȘtre prĂ©cisĂ©e. VoilĂ  qui mĂ©rite quelques explications


    Départ anticipé pour carriÚre longue : certains départs anticipés légÚrement avancés

    Certains travailleurs qui ont dĂ©butĂ© leur carriĂšre jeunes peuvent, toutes conditions remplies, partir Ă  la retraite avant l’ñge lĂ©gal de dĂ©part. C’est le dispositif de retraite anticipĂ©e pour « carriĂšre longue ».

    Pour en bĂ©nĂ©ficier, il faut notamment avoir commencĂ© Ă  travailler avant un certain Ăąge et justifier d’une durĂ©e minimale de trimestres cotisĂ©s.

    Par principe, le départ à la retraite peut intervenir :

    • Ă  partir de 58 ans pour un dĂ©but d’activitĂ© avant 16 ans ;
    • Ă  partir de 60 ans pour un dĂ©but d’activitĂ© avant 18 ans ;
    • Ă  partir de 62 ans pour un dĂ©but d’activitĂ© avant 20 ans ;
    • Ă  partir de 63 ans pour un dĂ©but d’activitĂ© avant 21 ans.

    Mais la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a suspendu une partie de la réforme des retraites de 2023.

    Plus prĂ©cisĂ©ment, elle ralentit le relĂšvement progressif de l’ñge lĂ©gal de dĂ©part Ă  la retraite et de la durĂ©e d’assurance requise pour certaines gĂ©nĂ©rations, pour les pensions prenant effet Ă  compter du 1er septembre 2026.

    Cette suspension a une incidence directe sur les carriĂšres longues. Puisque l’ñge lĂ©gal de dĂ©part est amĂ©nagĂ©, il fallait Ă©galement adapter l’ñge de dĂ©part anticipĂ© pour les assurĂ©s ayant commencĂ© Ă  travailler avant 20 ans.

    C’est dĂ©sormais chose faite : les modalitĂ©s d’amĂ©nagement du dĂ©part anticipĂ© viennent d’ĂȘtre prĂ©cisĂ©es pour les pensions prenant effet Ă  compter du 1er septembre 2026.

    En pratique, pour les assurĂ©s ayant commencĂ© Ă  travailler avant 20 ans, l’ñge de dĂ©part anticipĂ© est adaptĂ© pour plusieurs gĂ©nĂ©rations, avec une prĂ©cision importante pour les assurĂ©s nĂ©s en 1965 en fonction de leur mois de naissance. Ainsi :

    • les assurĂ©s nĂ©s en 1964 pourront partir Ă  partir de 60 ans et 6 mois ;
    • ceux nĂ©s entre le 1er janvier et le 30 novembre 1965 pourront partir Ă  partir de 60 ans et 9 mois ;
    • ceux nĂ©s entre le 1er et le 31 dĂ©cembre 1965 pourront partir Ă  partir de 60 ans et 8 mois dĂšs le 1er septembre 2026.

    Les assurĂ©s nĂ©s en dĂ©cembre 1965, ayant commencĂ© Ă  travailler avant 20 ans, pourront partir Ă  partir de 60 ans et 9 mois avant la date du 1er septembre 2026, Ă  l’instar des assurĂ©s nĂ©s entre le 1er janvier et le 30 novembre 1965.

    En d’autres termes, pour les assurĂ©s nĂ©s en 1965 et ayant commencĂ© Ă  travailler avant 20 ans, le mois de naissance sera dĂ©terminant pour connaĂźtre l’ñge de dĂ©part anticipĂ© possible. Pour les gĂ©nĂ©rations suivantes, l’ñge de dĂ©part anticipĂ© est Ă©galement modifiĂ© pour ĂȘtre fixĂ© Ă  :

    • 60 ans et 9 mois pour les assurĂ©s nĂ©s en 1966 ;
    • 61 ans pour ceux nĂ©s en 1967 ;
    • 61 ans et 3 mois pour ceux nĂ©s en 1968 ;
    • 61 ans et 6 mois pour ceux nĂ©s en 1969 ;
    • 61 ans et 9 mois pour ceux nĂ©s en 1970.

    Ici encore, on rappellera que ces modifications sont applicables aux pensions prenant effet Ă  compter du 1er septembre 2026.

    Pour les assurĂ©s nĂ©s Ă  partir de 1971, le principe reste inchangĂ© : un dĂ©part anticipĂ© pour carriĂšre longue demeure possible Ă  partir de 62 ans en cas de dĂ©but d’activitĂ© avant 20 ans, sous rĂ©serve de remplir l’ensemble des conditions requises.

    Attention toutefois : atteindre l’ñge requis ne suffit pas. L’assurĂ© doit Ă©galement justifier du nombre de trimestres cotisĂ©s exigĂ©. LĂ  encore, la suspension de la rĂ©forme peut avoir un effet pour certaines gĂ©nĂ©rations.

    Ainsi, pour les pensions prenant effet Ă  compter du 1er septembre 2026, la durĂ©e d’assurance requise est notamment fixĂ©e Ă  :

    • 170 trimestres pour les assurĂ©s nĂ©s en 1964 et pour ceux nĂ©s entre janvier et mars 1965 ;
    • 171 trimestres pour les assurĂ©s nĂ©s entre avril et dĂ©cembre 1965 ;
    • 172 trimestres pour les assurĂ©s nĂ©s Ă  partir de 1966. En clair, la retraite anticipĂ©e pour carriĂšre longue n’est pas remise en cause.

    Elle est simplement adaptée au nouveau calendrier applicable aprÚs la suspension partielle de la réforme des retraites.

    L’objectif est d’éviter qu’un assurĂ© ayant commencĂ© Ă  travailler jeune soit pĂ©nalisĂ© par un dĂ©calage entre l’ñge lĂ©gal de dĂ©part et l’ñge de dĂ©part anticipĂ©.

    Pour les gĂ©nĂ©rations concernĂ©es, le gain reste limitĂ© Ă  quelques mois, mais il peut permettre d’avancer effectivement la date de dĂ©part Ă  la retraite.

    Enfin, on notera Ă©galement que les rĂšgles spĂ©cifiques s’appliquant au dĂ©part anticipĂ© des assurĂ©s lourdement handicapĂ©s sont maintenues Ă  compter du 1er septembre 2026.

    La durĂ©e minimale cotisĂ©e reste calculĂ©e, pour les assurĂ©s nĂ©s avant 1973, Ă  partir de la durĂ©e d’assurance requise pour le taux plein dans sa version antĂ©rieure Ă  la rĂ©forme des retraites de 2023, diminuĂ©e de 60 Ă  100 trimestres selon l’ñge de dĂ©part.

    Retraite anticipĂ©e des carriĂšres longues : adaptation des Ăąges de dĂ©part – © Copyright WebLex

  • IncapacitĂ© permanente professionnelle : les rĂšgles changent !

    Incapacité permanente professionnelle : les rÚgles changent !

    Dans le prolongement de la loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale pour 2025, les nouvelles modalitĂ©s d’indemnisation de l’incapacitĂ© permanente consĂ©cutive Ă  un accident du travail ou Ă  une maladie professionnelle viennent d’ĂȘtre prĂ©cisĂ©es. Applicables Ă  compter du 1er novembre 2026, elles permettent de faire le point sur les rĂšgles Ă  suivre lorsqu’une victime conserve des sĂ©quelles aprĂšs la consolidation de son Ă©tat de santĂ©.

    IncapacitĂ© permanente AT/MP : les nouvelles modalitĂ©s d’indemnisation sont fixĂ©es

    Les modalitĂ©s d’indemnisation de l’incapacitĂ© permanente consĂ©cutive Ă  un accident du travail ou Ă  une maladie professionnelle Ă©voluent.

    À titre liminaire, rappelons que cette rĂ©forme s’inscrit dans un contexte marquĂ© par un revirement de jurisprudence intervenu en janvier 2023 : le juge a alors considĂ©rĂ© que la rente versĂ©e Ă  la victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, y compris lorsqu’elle est majorĂ©e en cas de faute inexcusable de l’employeur, ne rĂ©parait pas le dĂ©ficit fonctionnel permanent.

    Cette solution ouvrait la voie Ă  des demandes d’indemnisation complĂ©mentaires devant le juge. Pour sĂ©curiser le rĂ©gime et Ă©viter une multiplication des contentieux, la loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale pour 2025 a consacrĂ© le caractĂšre dual de l’indemnisation, qui couvre dĂ©sormais Ă  la fois les consĂ©quences professionnelles de l’incapacitĂ© et le dĂ©ficit fonctionnel permanent de la victime.

    Jusqu’à prĂ©sent, l’indemnisation de l’incapacitĂ© permanente reposait sur un taux global. DĂ©sormais, le dispositif distingue plus clairement 2 dimensions :

    • une part liĂ©e aux consĂ©quences professionnelles de l’accident ou de la maladie ;
    • une part liĂ©e aux consĂ©quences fonctionnelles subies par la victime dans sa vie personnelle.

    La part professionnelle correspond Ă  la perte de gains professionnels et Ă  l’incidence professionnelle de l’incapacitĂ©.

    Elle est apprĂ©ciĂ©e Ă  partir d’un taux d’incapacitĂ© permanente professionnelle, tenant compte notamment de la nature de l’infirmitĂ©, de l’état gĂ©nĂ©ral, de l’ñge, des facultĂ©s physiques et mentales de la victime, ainsi que de ses aptitudes et de sa qualification professionnelle.

    Le seuil permettant d’ouvrir droit Ă  une rente est confirmĂ© : la victime a droit Ă  une rente lorsque son taux d’incapacitĂ© permanente professionnelle atteint 10 %. En dessous de ce seuil, l’indemnisation reste versĂ©e sous forme de capital.

    La part fonctionnelle, quant Ă  elle, a pour objet de rĂ©parer le dĂ©ficit fonctionnel permanent, c’est-Ă -dire les atteintes persistant aprĂšs consolidation qui affectent la sphĂšre personnelle de la victime.

    Son calcul repose sur le nombre de points d’incapacitĂ© permanente fonctionnelle, un pourcentage fixĂ© Ă  50 %, une valeur de point dĂ©terminĂ©e par rĂ©fĂ©rentiel en fonction du taux d’incapacitĂ© fonctionnelle et de l’ñge de la victime (disponible ici), ainsi que, pour la rente, sur une valeur de conversion du capital en rente.

    À titre d’illustration, la valeur du point varie selon des tranches d’ñge allant de 14 à 20 ans jusqu’à 81 ans et plus, et selon des tranches de taux allant de 1 à 5 % jusqu’à 96 % et plus.

    Notez que les barĂšmes indicatifs Ă  utiliser pour Ă©valuer les taux d’incapacitĂ© permanente professionnelle et fonctionnelle sont consultables ici.

    Ces barĂšmes servent de base d’évaluation, mais conservent un caractĂšre indicatif : le mĂ©decin chargĂ© de l’évaluation peut s’en Ă©carter si la situation particuliĂšre de la victime le justifie, Ă  condition d’expliquer les raisons de cet Ă©cart.

    Autre prĂ©cision importante, sur le plan formel : lorsque la victime obtient une rente, la dĂ©cision de la caisse devra dĂ©sormais faire apparaĂźtre les 2 taux d’incapacitĂ©, Ă  savoir le taux professionnel et le taux fonctionnel.

    Cette distinction doit permettre d’identifier clairement ce qui relĂšve de la perte professionnelle et ce qui relĂšve du dĂ©ficit fonctionnel permanent.

    Par ailleurs, la possibilité de convertir une partie de la part fonctionnelle en capital est précisée.

    Cette option est ouverte lorsque le taux d’incapacitĂ© permanente fonctionnelle atteint au moins 50 %. La victime doit en faire la demande auprĂšs de la caisse dans un dĂ©lai de 6 mois suivant la notification de la rente. Le capital est ensuite versĂ© dans le mois suivant l’expiration de ce dĂ©lai.

    Son montant correspond Ă  20 % du produit obtenu en multipliant le nombre de points d’incapacitĂ© fonctionnelle par la valeur de point et par le pourcentage de 50 %, dans la limite du plafond applicable. En contrepartie, le montant de la rente est diminuĂ© du capital versĂ©.

    En cas de faute inexcusable de l’employeur, les rĂšgles de majoration Ă  cette nouvelle indemnisation duale sont adaptĂ©es.

    La victime peut demander que le montant de la majoration de la part fonctionnelle soit intĂ©gralement versĂ© en capital. Cette demande doit ĂȘtre prĂ©sentĂ©e Ă  la caisse dans un dĂ©lai de 6 mois suivant la notification de la rente majorĂ©e. Le capital est ensuite versĂ© dans le mois suivant l’expiration de ce dĂ©lai.

    Enfin, des rĂšgles particuliĂšres sont prĂ©vues en cas de rĂ©vision ultĂ©rieure du taux d’incapacitĂ© fonctionnelle. Si une partie de la part fonctionnelle a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© versĂ©e en capital, ce capital est pris en compte afin d’éviter une double indemnisation lors du recalcul de la rente.

    Ces nouvelles rùgles s’appliqueront, pour l’essentiel, à compter du 1er novembre 2026.

    Notez toutefois qu’une disposition bĂ©nĂ©ficie d’une entrĂ©e en vigueur diffĂ©rĂ©e au 1er janvier 2028 : il s’agit du passage au versement mensuel des rentes d’incapacitĂ© permanente dĂ©jĂ  notifiĂ©es avant le 1er novembre 2026.

    Sources :

    IncapacitĂ© permanente professionnelle : les rĂšgles changent ! – © Copyright WebLex

  • FormalitĂ©s des entreprises : simplification, transparence et discrĂ©tion au programme

    Formalités des entreprises : simplification, transparence et discrétion au programme

    Depuis le 1er mai 2026, divers changements sont apportĂ©s concernant les formalitĂ©s dont doivent s’acquitter certaines sociĂ©tĂ©s. Ces changements visent soit Ă  simplifier ces dĂ©marches, soit Ă  amĂ©liorer la transparence de certains actes des sociĂ©tĂ©s concernĂ©es


    Certification des informations en matiÚre de durabilité : déclarer son organisme tiers

    Pour les sociétés soumises à une obligation de certification de leurs informations en matiÚre de durabilité en vertu de la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), il est désormais prévu une nouvelle obligation de déclaration auprÚs du registre national des entreprises (RNE) ou du registre des commerces et des sociétés (RCS).

    En effet, elles doivent dĂ©sormais identifier auprĂšs du RNE l’organisme tiers indĂ©pendant qui a Ă©tĂ© mandatĂ© pour mener Ă  bien cette mission de certification des informations.

    Si cette mission est assurĂ©e par un commissaire aux comptes, il doit Ă©galement ĂȘtre identifiĂ© auprĂšs du RNE. Il est alors prĂ©cisĂ© que, pour les commissaires aux comptes personnes physiques, une adresse professionnelle peut ĂȘtre dĂ©clarĂ©e en lieu et place de l’adresse de leur domicile.

    Protection des données personnelles des dirigeants

    Plusieurs informations doivent faire l’objet d’une dĂ©claration lors de la crĂ©ation ou de la modification d’une sociĂ©tĂ© Ă©tablie en France.

    Afin de protéger les dirigeants de ces structures, une simplification est apportée permettant de limiter les données à caractÚre personnel qui sont déclarées.

    En effet, il est dĂ©sormais prĂ©cisĂ© que ces obligations de dĂ©clarations peuvent ĂȘtre satisfaites par l’enregistrement de copies des documents demandĂ©s se limitant Ă  faire apparaitre les informations strictement nĂ©cessaires concernant l’identitĂ© des dirigeants personnes physiques, Ă  savoir leur :

    • nom ;
    • nom d’usage ;
    • pseudonyme ;
    • prĂ©noms ;
    • mois et annĂ©e de naissance ;
    • commune de rĂ©sidence.

    Commerçants et artisans : informations visant l’exploitant prĂ©cĂ©dent du fonds

    Une obligation déclarative supplémentaire est mise à la charge des commerçants et des artisans qui acquiÚrent, héritent, ou reçoivent en donation un fonds.

    Lors de leur immatriculation auprÚs du RNE ou du RCS, ils devront déclarer certaines informations concernant le précédent exploitant.

    S’il s’agissait d’une personne physique, il convient de dĂ©clarer ses :

    • nom ;
    • nom d’usage ;
    • pseudonyme ;
    • prĂ©noms ;
    • numĂ©ro unique d’identification.

    S’il s’agissait d’une personne morale, ses :

    • dĂ©nomination sociale ;
    • numĂ©ro unique d’identification.
       

    Cession de parts sociales de sociĂ©tĂ©s civiles : Ă©volution des rĂšgles d’opposabilitĂ©

    Lors de la cession de parts de sociĂ©tĂ©s civiles, il convient d’en assurer la publicitĂ© par un dĂ©pĂŽt auprĂšs du RCS.

    Auparavant, il convenait de dĂ©poser l’original (en cas d’acte sous seing privĂ©) ou une copie (en cas d’acte notariĂ©) de l’acte de cession.

    Désormais, il suffit de déposer les statuts modifiés.

    Cette démarche incombant au dirigeant de la société, une nouvelle procédure est mise en place en cas de défaillance de ce dernier dans la réalisation de ce dépÎt.

    Le cĂ©dant ou le cessionnaire des parts peuvent dĂ©sormais mettre en demeure le dirigeant de respecter son obligation de dĂ©pĂŽt. Si ce dernier ne s’exĂ©cute pas dans les 8 jours, le cĂ©dant ou le cessionnaire peut saisir le prĂ©sident du tribunal et dĂ©poser auprĂšs du RCS l’acte de cession des parts.

    Dans l’attente de la rĂ©gularisation de la situation, ce dĂ©pĂŽt permet de rendre opposable aux tiers la cession des parts sociales.

    FormalitĂ©s des entreprises : simplification, transparence et discrĂ©tion au programme – © Copyright WebLex

  • Économie collaborative : comment dĂ©clarer les revenus issus des plateformes ?

    Économie collaborative : comment dĂ©clarer les revenus issus des plateformes ?

    Les activitĂ©s exercĂ©es via des plateformes numĂ©riques se sont largement dĂ©veloppĂ©es ces derniĂšres annĂ©es. Si ces activitĂ©s peuvent sembler occasionnelles, les revenus qu’elles gĂ©nĂšrent sont, dans la plupart des cas, soumis Ă  l’impĂŽt. Leur traitement fiscal dĂ©pend toutefois de la nature de l’activitĂ© et des conditions dans lesquelles elle est exercĂ©e. On fait le point


    ActivitĂ©s relevant de l’économie collaborative

    L’économie collaborative recouvre l’ensemble des activitĂ©s rĂ©alisĂ©es via une plateforme en ligne, consistant Ă  vendre ou louer des biens, ou encore proposer un service en contrepartie d’une rĂ©munĂ©ration.

    Les situations rencontrĂ©es sont nombreuses. Il peut s’agir de la vente de biens, qu’ils soient personnels ou acquis dans une logique de revente, de la mise en location d’un logement meublĂ© ou d’un espace (rĂ©sidence principale, secondaire, dĂ©pendance), mais aussi de la location d’objets ou d’équipements.

    Les prestations de services sont Ă©galement concernĂ©es, qu’il s’agisse de services Ă  la personne, de cours particuliers, de transport ou encore de garde d’animaux.

    Des revenus parfois exonĂ©rĂ©s d’impĂŽt

    Tous les revenus issus de ces activitĂ©s ne sont pas nĂ©cessairement imposables. Certaines situations Ă©chappent en effet Ă  l’impĂŽt, mĂȘme si les montants peuvent apparaĂźtre dans la dĂ©claration prĂ©remplie.

    C’est notamment le cas lorsque l’activitĂ© ne poursuit pas un objectif lucratif, comme dans certaines situations de partage de frais.

    Le covoiturage en constitue un exemple typique : lorsque les sommes perçues correspondent uniquement Ă  une participation aux frais engagĂ©s pour un trajet personnel, elles ne sont pas imposables. En revanche, dĂšs lors qu’un bĂ©nĂ©fice est rĂ©alisĂ©, les revenus doivent ĂȘtre dĂ©clarĂ©s.

    Vente de biens : une distinction essentielle

    En matiÚre de vente de biens, la fiscalité repose sur une distinction fondamentale entre activité occasionnelle et activité à caractÚre commercial.

    Lorsque des biens personnels sont cĂ©dĂ©s parce qu’ils ne sont plus utilisĂ©s, les sommes perçues ne sont, en principe, pas imposables. Cette rĂšgle connaĂźt toutefois des exceptions, notamment pour certains biens spĂ©cifiques comme les objets prĂ©cieux ou ceux dont la valeur dĂ©passe un certain seuil.

    À l’inverse, lorsque les biens sont acquis ou fabriquĂ©s dans le but d’ĂȘtre revendus, l’activitĂ© est assimilĂ©e Ă  une activitĂ© lucrative. Les revenus tirĂ©s de ces ventes deviennent alors imposables et doivent ĂȘtre dĂ©clarĂ©s.

    Une déclaration encadrée par les informations transmises par les plateformes

    Les plateformes numériques jouent désormais un rÎle central dans la déclaration des revenus.

    Chaque année, elles adressent aux utilisateurs un récapitulatif des opérations réalisées, mentionnant notamment le nombre de transactions, les montants perçus, ainsi que les frais prélevés.

    Ces informations sont Ă©galement communiquĂ©es Ă  l’administration fiscale et peuvent ĂȘtre intĂ©grĂ©es directement dans la dĂ©claration prĂ©remplie.

    Pour autant, ce prĂ©remplissage ne dispense pas l’utilisateur de ses obligations. Il lui appartient de vĂ©rifier l’exactitude des montants indiquĂ©s, de dĂ©terminer si les revenus sont imposables et, le cas Ă©chĂ©ant, de les dĂ©clarer dans la catĂ©gorie appropriĂ©e.

    Une attention particuliĂšre doit ĂȘtre portĂ©e aux montants exprimĂ©s en devises Ă©trangĂšres, qui doivent ĂȘtre convertis en euros.

    Des seuils de transmission à ne pas confondre avec des seuils d’imposition

    Les plateformes sont tenues de transmettre les informations Ă  l’administration fiscale lorsque certaines limites sont dĂ©passĂ©es, notamment un nombre minimal d’opĂ©rations ou un montant global de recettes.

    Ces seuils ne dĂ©terminent toutefois pas le caractĂšre imposable des revenus. Il est donc possible que des sommes apparaissent dans la dĂ©claration alors mĂȘme qu’elles ne sont pas soumises Ă  l’impĂŽt, par exemple en cas de vente d’objets personnels sans intention lucrative.

    Des obligations sociales Ă  anticiper

    Au-delĂ  de la fiscalitĂ©, certaines activitĂ©s peuvent entraĂźner des obligations sociales. C’est notamment le cas lorsque les revenus tirĂ©s de la location de biens dĂ©passent certains seuils et prĂ©sentent un caractĂšre professionnel.

    Dans cette hypothĂšse, les recettes doivent ĂȘtre dĂ©clarĂ©es et peuvent ĂȘtre soumises Ă  cotisations sociales. Il convient alors de se rapprocher des organismes compĂ©tents pour dĂ©terminer prĂ©cisĂ©ment les obligations applicables.

    Un calendrier déclaratif à respecter

    La dĂ©claration des revenus issus de l’économie collaborative s’inscrit dans le calendrier gĂ©nĂ©ral de la dĂ©claration de revenus. Pour rappel, les dates limites de dĂ©claration en ligne sont les suivantes :

    • pour les dĂ©partements 01 Ă  19 et pour les non-rĂ©sidents : le 21 mai 2026 ;
    • pour les dĂ©partements 20 Ă  54 : le 28 mai 2026 ;
    • pour les dĂ©partements 55 Ă  974 et 976 : le 4 juin 2026.

    Si la déclaration est faite selon le format papier, la date limite de dépÎt des déclarations de revenus (version papier) est fixée cette année au mardi 19 mai 2026.

    Économie collaborative : comment dĂ©clarer les revenus issus des plateformes ? – © Copyright WebLex

  • DĂ©mission Ă©quivoque : jusqu’à quand la contester ?

    DĂ©mission Ă©quivoque : jusqu’à quand la contester ?

    Une dĂ©mission, mĂȘme formulĂ©e sans rĂ©serve, peut ĂȘtre remise en cause si le salariĂ© dĂ©montre qu’elle s’inscrivait dans un contexte conflictuel antĂ©rieur Ă  la rupture. Mais une contestation adressĂ©e prĂšs de 4 mois aprĂšs la dĂ©mission peut-elle encore ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme raisonnable ? RĂ©ponse du juge


    Démission équivoque : une contestation 4 mois plus tard est-elle possible ?

    Rappelons que la dĂ©mission doit rĂ©sulter d’une volontĂ© claire et non Ă©quivoque du salariĂ© de rompre son contrat de travail.

    À dĂ©faut, cette dĂ©mission peut ĂȘtre requalifiĂ©e en prise d’acte de la rupture du contrat, avec, selon les cas, les effets d’un licenciement sans cause rĂ©elle et sĂ©rieuse.

    Dans cette affaire, une salariée démissionne, puis adresse, 4 mois plus tard, un courrier à son employeur pour revenir sur les circonstances de sa décision.

    Dans ce courrier, la salariĂ©e explique que sa dĂ©mission s’inscrivait dans un contexte de travail trĂšs conflictuel, marquĂ© notamment par une charge de travail excessive et par l’absence de remise de ses documents de fin de contrat.

    ParallĂšlement Ă  cet envoi, elle saisit le juge afin d’obtenir la requalification de sa dĂ©mission en prise d’acte de la rupture de son contrat de travail.

    Ce qui n’est pas du goĂ»t de l’employeur, qui s’oppose Ă  cette demande : selon lui, la salariĂ©e avait dĂ©missionnĂ© sans rĂ©serve, ce qui traduisait une volontĂ© claire de rompre le contrat. Il estime Ă©galement que les Ă©lĂ©ments invoquĂ©s sont soit trop tardifs, soit trop anciens pour remettre en cause la dĂ©mission.

    Mais le juge ne partage pas cette analyse, et décide de trancher en faveur de la salariée : le courrier adressé prÚs de 4 mois aprÚs la démission rappelait précisément le contexte dans lequel celle-ci était intervenue.

    La salariĂ©e produisait Ă©galement de nombreux Ă©changes de courriels faisant Ă©tat de relations tendues avec son employeur, d’une charge de travail trop importante et de conditions de travail anormales. Ces Ă©lĂ©ments permettaient donc d’établir l’existence d’un diffĂ©rend antĂ©rieur Ă  la rupture.

    La dĂ©mission n’était donc pas claire et non Ă©quivoque : elle devait ĂȘtre requalifiĂ©e en prise d’acte de la rupture du contrat de travail.

    Ici, parce que les manquements de l’employeur Ă©taient suffisamment graves pour empĂȘcher la poursuite du contrat, cette prise d’acte produit les effets d’un licenciement sans cause rĂ©elle et sĂ©rieuse.

    Ainsi, une dĂ©mission, mĂȘme formulĂ©e sans rĂ©serve, peut ĂȘtre remise en cause par le salariĂ© au moyen d’un courrier ultĂ©rieur, dĂšs lors que ce courrier permet de replacer la rupture dans son contexte et de rĂ©vĂ©ler l’existence d’un diffĂ©rend antĂ©rieur ou contemporain avec l’employeur.

    Notez toutefois qu’il faut alors que cette contestation intervienne dans un dĂ©lai raisonnable. Dans cette affaire, un dĂ©lai de prĂšs de 4 mois entre la dĂ©mission et le courrier de contestation n’a pas fait obstacle Ă  la requalification.

    DĂ©mission Ă©quivoque : jusqu’à quand la contester ? – © Copyright WebLex