La loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale, qui vient dâĂȘtre (enfin) publiĂ©e au Journal officiel, contient de nombreuses mesures qui vont impacter tant les entreprises que les particuliers. Au menu : allĂšgement des cotisations patronales, amĂ©nagements du coĂ»t social des rĂ©munĂ©rations dues aux apprentis, activitĂ© partielle, monĂ©tisation des jours de RTT, compte personnel de formation, etc.
2025 : du nouveau concernant le calcul des cotisations sociales
AllĂšgement des cotisations patronales
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 organise la fusion des allégements généraux de cotisations sociales patronales en 2 étapes :
- en 2025, les dispositifs dâallĂ©gements de cotisations en vigueur seront amĂ©nagĂ©s ;
- en 2026, des dispositifs seront fusionnés dans une réduction générale de cotisations patronales, qui sera alors reconfigurée.
ConcrÚtement, en 2025, les entreprises continueront à bénéficier des 3 dispositifs suivants existants :
- la rĂ©duction de taux sur la cotisation patronale maladie pour les salariĂ©s dont la rĂ©munĂ©ration nâexcĂšde pas 2,25 SMIC (contre 2,5 SMIC jusquâĂ prĂ©sent) ;
- la rĂ©duction de taux sur la cotisation patronale dâallocations familiales pour les salariĂ©s dont la rĂ©munĂ©ration nâexcĂšde pas 3,3 SMIC (au lieu de 3,5 SMIC jusquâĂ prĂ©sent) ;
- la rĂ©duction gĂ©nĂ©rale de cotisations patronales (selon une formule de calcul globalement inchangĂ©e) qui sera appliquĂ©e Ă son taux maximal au niveau du SMIC, puis connaĂźtra une rĂ©duction dĂ©gressive jusquâĂ 1,6 SMIC.
Il faut noter que, dĂšs 2025, les primes « partage de la valeur » devront ĂȘtre prises en compte dans la formule de calcul, ainsi que dans la base de calcul de la rĂ©duction gĂ©nĂ©rale de cotisations patronales.
En 2026 :
- il est prévu une fusion des allégements de cotisations (visant la maladie et la maternité) dans une nouvelle version de la réduction générale de cotisations patronales complÚtement reconfigurée ;
- cette nouvelle rĂ©duction gĂ©nĂ©rale de cotisations patronales sera toujours dĂ©gressive et ne sâappliquera plus Ă hauteur de 3 fois la valeur du SMIC applicable.
Aménagement de la réforme des cotisations des travailleurs indépendants
La loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale pour 2024 avait unifiĂ© la base de calcul des cotisations sociales dues par les travailleurs indĂ©pendants non-salariĂ©s, de sorte que le calcul des cotisations sociales et de la CSG/CRDS pour les travailleurs indĂ©pendants se fait sur la base du revenu professionnel aprĂšs application dâun abattement forfaitaire de 26%, sous rĂ©serve de certains retraitements.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 vient préciser que :
- pour les travailleurs indĂ©pendants non agricoles, la date dâentrĂ©e en vigueur de cette rĂ©forme est repoussĂ©e Ă la date de rĂ©gularisation des cotisations dues au titre de 2025 ;
- pour les travailleurs indĂ©pendants relevant du rĂ©gime micro-social, le nouveau calcul des cotisations sâappliquera pour les cotisations et contributions courant Ă compter du 1er janvier 2026 ;
- pour les travailleurs indĂ©pendants agricoles, la rĂ©forme introduite par la LFSS pour 2025 sâappliquera au titre des pĂ©riodes courant Ă compter du 1er janvier 2026.
Attribution gratuite dâactions
Lâattribution gratuite dâaction (AGA) dĂ©signe lâopĂ©ration en vertu de laquelle une entreprise donne ses propres actions Ă ses salariĂ©s ou Ă ses dirigeants, qui peut se dĂ©finir comme un mĂ©canisme de rĂ©munĂ©ration complĂ©mentaire visant Ă motiver et Ă fidĂ©liser les salariĂ©s.
Si lâattribution gratuite dâactions est exonĂ©rĂ©e de cotisations sociales, elle reste soumise Ă une contribution patronale spĂ©cifique, calculĂ©e sur la valeur de lâaction Ă la date dâacquisition, qui passe de 20 % Ă 30 % Ă compter du 1er mars 2025.
Prise en charge des frais de transport public des salariés
Pour rappel, la lĂ©gislation sociale impose Ă tous les employeurs, sans condition dâeffectif, de prendre en charge 50 % du coĂ»t des titres dâabonnement Ă des transports publics ou Ă des services publics de location de vĂ©lo, cette prise en charge de lâemployeur Ă©tant exonĂ©rĂ©e de cotisations sociales, de CSG, de CRDS et dâimpĂŽt sur le revenu.
Afin de favoriser lâusage des transports en commun, de 2022 Ă 2024, il Ă©tait admis que les employeurs conservaient le bĂ©nĂ©fice de cette exonĂ©ration, mĂȘme si leur prise en charge excĂ©dait les 50 % de la valeur totale de lâabonnement, et ce jusquâĂ 75 % du coĂ»t total de lâabonnement.
La loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale pour 2025 proroge dâune annĂ©e, soit sur toute lâannĂ©e 2025, cette mesure pour les employeurs qui dĂ©cident dâaller au-delĂ de la prise en charge obligatoire dâune partie du coĂ»t de lâabonnement des salariĂ©s, jusquâĂ 75 % de la valeur totale.
Jeunes entreprises innovantes
Le dispositif « Jeunes entreprises innovantes » (JEI) vise Ă soutenir et dĂ©velopper lâinnovation, en accordant Ă ces JEI des dispositions sociales et fiscales dĂ©rogatoires en contrepartie du respect de certaines conditions.
Pour ĂȘtre qualifiĂ©e comme telle, une JEI suppose quâĂ la clĂŽture de son exercice, lâentreprise :
- emploie moins de 250 salariés ;
- rĂ©alise un CA infĂ©rieur Ă 50 millions dâ⏠ou enregistre un bilan infĂ©rieur Ă 43 millions dâ⏠;
- nâait pas Ă©tĂ© créée dans le cadre dâune concentration, dâune restructuration, dâune extension dâactivitĂ©s prĂ©existantes ou dâune reprise de telles activitĂ©s ;
- ait été créée depuis moins de 8 ans ;
- soit dĂ©tenue directement ou indirectement Ă 50% au moins par des personnes physiques ou par des sociĂ©tĂ©s dâinvestissement, des associations reconnues dâutilitĂ© publique Ă caractĂšre scientifique, des Ă©tablissements publics de recherche ou par une autre JEI.
Les JEI bĂ©nĂ©ficient dâune exonĂ©ration de cotisations patronales pour les revenus dâactivitĂ©s versĂ©s aux salariĂ©s et aux mandataires sociaux participant Ă titre principal aux projets de recherches (pour les rĂ©munĂ©rations infĂ©rieures ou Ă©gales Ă 4,5 fois le SMIC et plafonnĂ©es Ă 5 fois le plafond annuel de SĂ©curitĂ© sociale).
Cette exonĂ©ration suppose toutefois que les dĂ©penses affectĂ©es Ă la recherche reprĂ©sentent au moins 15 % des charges de lâentreprise.
La loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale pour 2025 revient toutefois sur cette condition et prĂ©cise quâĂ compter du 1er mars 2025, lâexonĂ©ration de cotisations sociales patronales suppose que la JEI consacre au moins 20 % de ses dĂ©penses Ă la recherche et au dĂ©veloppement.
Jeunes entreprises de croissance
Pour avoir le statut de jeune entreprise de croissance (JEC), l’entreprise doit remplir les conditions suivantes :
- ĂȘtre une PME (employer moins de 250 personnes et rĂ©aliser un chiffre d’affaires infĂ©rieur Ă 50 millions dâ⏠ou avoir un bilan total infĂ©rieur Ă 43 millions dââŹ)
- avoir été créée depuis moins de 8 ans pour bénéficier des exonérations sociale et fiscale ;
- avoir réalisé des dépenses de R&D représentant entre 5 et 15 % des charges ;
- remplir les critÚres de performance économique suivants :
- l’effectif de l’entreprise a augmentĂ© d’au moins 100 % et d’au moins 10 salariĂ©s en Ă©quivalents temps plein (ETP), par rapport Ă celui constatĂ© Ă la clĂŽture de lâexercice qui prĂ©cĂšde lâavant-dernier exercice ;
- le montant de ses dĂ©penses de recherche au cours de l’exercice pour lequel l’effectif a augmentĂ© n’a pas diminuĂ© par rapport Ă celui de l’exercice prĂ©cĂ©dent ;
- ĂȘtre dĂ©tenue pour 50 % au minimum par l’une des personnes ou entitĂ©s suivantes :
- personne physique : entrepreneur individuel (EI), particulier ;
- autre JEI détenue au moins à 50 % par des personnes physiques ;
- association ou fondation reconnue d’utilitĂ© publique Ă caractĂšre scientifique ;
- Ă©tablissement public de recherche et d’enseignement ou une de ses filiales ;
- sociĂ©tĂ© d’investissement ;
- exercer une activitĂ© nouvelle : c’est-Ă -dire qu’elle n’a pas Ă©tĂ© créée dans le cadre d’une concentration, d’une restructuration, d’une extension d’activitĂ©s dĂ©jĂ existantes ou d’une reprise de telles activitĂ©s.
La loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale prĂ©cise que la fourchette du niveau de dĂ©penses de recherche requis pour lâĂ©ligibilitĂ© au statut de JEC devra reprĂ©senter entre 5 % et 20 % des charges.
La présente mesure entre en vigueur le 1er mars 2025.
Plateformes de mise en relation en ligne
La loi de financement pour 2024 avait prĂ©vu lâobligation pour les plateformes de mise en relation par voie Ă©lectronique de transmettre, Ă compter du 1er janvier 2027 :
- les chiffres dâaffaires des travailleurs indĂ©pendants sur la plateforme Ă lâUrssaf ;
- de prĂ©lever directement sur ces chiffres dâaffaires les cotisations et contributions sociales correspondantes ;
- de prĂ©lever lâimpĂŽt sur le revenu dans lâhypothĂšse oĂč le travailleur indĂ©pendant avait optĂ© pour un versement libĂ©ratoire.
Ătaient concernĂ©s les micro-entrepreneurs qui officiaient sur la plateforme afin de lutter contre la fraude sociale et fiscale et de favoriser lâaccompagnement de ces populations de travailleurs dans leurs dĂ©marches.
Initialement, il Ă©tait prĂ©vu que cette obligation soit prĂ©cĂ©dĂ©e dâune phase pilote ne concernant que les opĂ©rateurs de plateforme rĂ©pondant Ă des critĂšres prĂ©dĂ©terminĂ©s.
Cette année, la loi de financement procÚde à des aménagements du dispositif ainsi projeté au 1er janvier 2027.
Elle sĂ©curise le dispositif en laissant le soin Ă un texte ultĂ©rieur de dĂ©finir un dĂ©lai au terme duquel le prĂ©compte des cotisations sâappliquera et qui courra Ă compter de lâinscription (ou de la reprise dâactivitĂ©) sur la plateforme.
Enfin et surtout, elle prĂ©cise que la phase pilote du projet sâappliquera aux seuls opĂ©rateurs de plateforme volontaire dĂšs 2026, et non Ă des plateformes dĂ©signĂ©es par arrĂȘtĂ© selon des critĂšres dĂ©terminĂ©s.
Les conditions dans lesquelles les opérateurs de plateforme pourront se porter volontaires pour cette phase pilote seront prochainement précisées par décret.
2025 : du nouveau pour la rémunération des apprentis
Le contrat dâapprentissage est un contrat de travail conclu entre un apprenti (ou son reprĂ©sentant lĂ©gal en cas de minoritĂ©) et un employeur. Dans ce cadre, lâemployeur verse un salaire Ă lâapprenti dont le montant minimal est fixĂ© en fonction de lâĂąge de lâapprenti et du diplĂŽme quâil prĂ©pare.
Jouissant dâun rĂ©gime social et fiscal avantageux, la rĂ©munĂ©ration des apprentis Ă©tait jusquâalors :
- totalement exonérée de CSG et de CRDS ;
- partiellement exonĂ©rĂ© de cotisations sociales jusquâĂ 79 % du SMIC.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 aménage ce régime et prévoit que :
- pour les contrats nouvellement signĂ©s Ă compter du 1er mars 2025, la rĂ©munĂ©ration versĂ©e Ă lâapprentie est assujettie Ă CSG et CRDS pour sa part excĂ©dant 50 % de la valeur du SMIC ;
- le plafond dâexonĂ©ration de la rĂ©munĂ©ration versĂ©e Ă lâapprenti est abaissĂ© de 79 % Ă 50 % du SMIC applicable durant le mois considĂ©rĂ©, et ce, pour les apprentis embauchĂ©s Ă compter du 1er mars 2025.
Concernant la prise en charge de lâapprentissage par les opĂ©rateurs de compĂ©tence (OPCO), la loi de finances pour 2025 prĂ©voit, quant Ă elle, que lâemployeur participe Ă la prise en charge des contrats dâapprentissage lorsque le diplĂŽme ou le titre Ă finalitĂ© professionnelle visĂ© Ă©quivaut au moins au niveau BAC + 3 : la prise en charge par lâopĂ©rateur de compĂ©tences est alors minorĂ©e de cette participation.
2025 : du nouveau concernant le temps de travail
Activité partielle de longue durée Rebond
La loi de finances pour 2025 met en place, Ă compter du 1er mars 2025, un dispositif spĂ©cifique dâactivitĂ© partielle dĂ©nommĂ© « activitĂ© partielle de longue durĂ©e rebond » destinĂ© Ă assurer le maintien dans lâemploi des salariĂ©s dans les entreprises confrontĂ©es Ă une rĂ©duction dâactivitĂ© durable qui nâest pas de nature Ă compromettre leur pĂ©rennitĂ©.
Lâemployeur peut bĂ©nĂ©ficier de ce dispositif sous rĂ©serve de la conclusion dâun accord collectif dâĂ©tablissement, dâentreprise ou de groupe ou de la conclusion dâun accord collectif de branche Ă©tendu, dĂ©finissant :
- la durĂ©e dâapplication de lâaccord ;
- les activitĂ©s et les salariĂ©s concernĂ©s par lâactivitĂ© partielle de longue durĂ©e rebond ;
- les rĂ©ductions de lâhoraire de travail pouvant donner lieu Ă indemnisation Ă ce titre ;
- les engagements spĂ©cifiquement souscrits en contrepartie, notamment pour le maintien de lâemploi et la formation professionnelle.
Monétisation des jours de RTT
Pour soutenir le pouvoir dâachat des salariĂ©s, un dispositif expĂ©rimental visant Ă monĂ©tiser les jours de rĂ©duction du temps de travail (RTT) a Ă©tĂ© instaurĂ© en 2022, permettant aux salariĂ©s, en temps partiel ou en temps complet, de demander Ă lâemployeur de racheter des jours de RTT acquis entre 2022 et 2025, mais non pris (ce rachat donnant lieu Ă une majoration de salaire).
Pour ce faire, les jours de repos doivent avoir été acquis :
- dans le cadre dâun amĂ©nagement de la durĂ©e du temps de travail supĂ©rieure Ă la semaine ;
- dans le cadre dâun accord RTT antĂ©rieur Ă la loi no 2008-789 du 20 aoĂ»t 2008.
Initialement prĂ©vue jusquâau 31 dĂ©cembre 2025, cette possibilitĂ© de rachat des jours de repos est prolongĂ©e pour une annĂ©e supplĂ©mentaire, jusquâau 31 dĂ©cembre 2026.
ArrĂȘts de travail
La durĂ©e dâun arrĂȘt de travail prescrit par tĂ©lĂ©consultation est dĂ©sormais plafonnĂ©e Ă 3 jours lorsque le prescripteur nâest ni le mĂ©decin traitant, ni la sage-femme rĂ©fĂ©rente du patient. En cas de prolongation dâun arrĂȘt de travail prescrit en tĂ©lĂ©consultation, la limite des 3 jours sâapplique Ă©galement, sauf si le patient peut prouver son impossibilitĂ© Ă se rendre Ă une consultation en cabinet.
Se faisant et sauf exception, compte tenu du dĂ©lai de carence, les arrĂȘts de travail prescrits via tĂ©lĂ©consultation nâouvrent pas, par principe, droit au bĂ©nĂ©fice des indemnitĂ©s journaliĂšres de sĂ©curitĂ© sociale.
De mĂȘme, pour lutter contre la perception frauduleuse des indemnitĂ©s journaliĂšres de sĂ©curitĂ© sociale (IJSS) et des prestations prĂ©vues en cas dâaccident du travail ou de maladie professionnelle, la loi de financement pour 2025 prĂ©voit quâen cas de fraude dâun salariĂ© dĂ©finitivement constatĂ©e par les organismes habilitĂ©s Ă diriger les contrĂŽles, le directeur de cet organisme en informera son employeur et lui transmettra lâensemble des documents et renseignements collectĂ©s quant Ă cette perception frauduleuse.
Dans ce cadre, la fraude doit ĂȘtre dĂ©finitivement avĂ©rĂ©e et ne plus faire lâobjet dâaucun recours.
ConsĂ©cration de la nature duale de lâindemnisation du prĂ©judice fonctionnel permanent
Rappelons que lorsquâun salariĂ© est victime dâune incapacitĂ© permanente de travail dâau moins 10 % Ă la suite dâun accident du travail ou dâune maladie professionnelle, il bĂ©nĂ©ficie dâune rente, appelĂ©e communĂ©ment « rente AT/MP ».
En revanche, lorsque le taux dâincapacitĂ© constatĂ© est infĂ©rieur Ă 10 % dâincapacitĂ©, il est indemnisĂ© sous la forme dâun capital forfaitaire, versĂ© en une seule fois.
Lorsque lâAT/MP est consĂ©cutive Ă une faute inexcusable de lâemployeur, il Ă©tait prĂ©vu une majoration de la rente ainsi versĂ©e au salariĂ© victime.
Dans une dĂ©cision rendue le 20 janvier 2023, le juge avait considĂ©rĂ© que la rente majorĂ©e, prĂ©vue par la lĂ©gislation sociale et versĂ©e Ă la victime lors dâun accident du travail ou dâune maladie professionnelle, ne rĂ©parait pas le dĂ©ficit fonctionnel permanent.
Pour les juges, cette rente nâavait vocation quâĂ couvrir le dĂ©ficit professionnel.
Cette dĂ©cision permettait aux salariĂ©s victimes dâun AT/MP consĂ©cutif Ă une faute inexcusable de lâemployeur de faire valoir en justice une autre action, diffĂ©rente de celle permettant la reconnaissance du caractĂšre inexcusable et visant Ă rĂ©parer les souffrances physiques et morales causĂ©es par lâaccident.
DĂ©sormais, Ă la demande des partenaires sociaux et suite Ă cette dĂ©cision, la loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale pour 2025 consacre la nature duale de lâindemnisation.
En substance, la loi de financement prĂ©voit dĂ©sormais que lâindemnisation en capital comme la rente viagĂšre versĂ©e au salariĂ© couvrent Ă la fois le taux dâincapacitĂ© professionnelle et le taux dâincapacitĂ© fonctionnelle.
Cette nature duale de lâindemnisation est Ă©galement consacrĂ©e en cas de faute inexcusable de lâemployeur Ă lâorigine de lâAT/MP.
2025 : du nouveau concernant la formation
Compte personnel de formation
La loi de finances pour 2025 supprime de la liste des actions de formation Ă©ligibles au compte personnel de formation celles, non certifiantes, portant sur lâaccompagnement et le conseil dispensĂ©es aux crĂ©ateurs ou repreneurs d’entreprises ayant pour objet de rĂ©aliser leur projet de crĂ©ation ou de reprise d’entreprise et de pĂ©renniser l’activitĂ© de celle-ci.
2025 : du nouveau pour les particuliers employeurs
Le complĂ©ment libre choix du mode de garde (CMG) est une prestation sociale qui vise Ă compenser le coĂ»t de la garde dâun enfant de moins de 6 ans, dont les parents ont une activitĂ© professionnelle minimale. Cette prestation peut prendre 2 formes :
- le CMG « emploi direct », versé directement à la famille qui embauche un salarié à domicile ou une assistante maternelle ;
- le CMG « structure », versé directement à la famille qui a recours à une crÚche familiale ou à un prestataire de garde à domicile.
Afin de lutter contre les impayĂ©s et assurer la rĂ©munĂ©ration des assistants maternels et gardes dâenfants, il est dĂ©sormais prĂ©vu une suspension du versement du CMG lorsque le particulier employeur est visĂ© par un signalement dâimpayĂ© (la procĂ©dure de signalement dâimpayĂ© sera fixĂ©e selon des modalitĂ©s restant Ă prĂ©ciser par dĂ©cret).
Notez également que le dispositif de tiers payant visant à permettre le versement du CMG « structure » directement par les organismes débiteurs des prestations familiales a finalement été abandonné.
Enfin, pour le bĂ©nĂ©fice du crĂ©dit dâimpĂŽt « services Ă la personne », le particulier employeur devra mentionner sur sa dĂ©claration dâimpĂŽt sur le revenu la nature de lâorganisme et la personne morale (sociĂ©tĂ©) ou physique auxquelles les sommes ont Ă©tĂ© versĂ©es, ainsi que la nature des prestations rendues, Ă©ligibles Ă lâavantage fiscal.
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