Au menu de la loi de simplification de la vie Ă©conomique, un volet important intĂ©resse les baux commerciaux. Sont notamment abordĂ©s les thĂšmes suivants : la mensualisation des loyers, le dĂ©pĂŽt de garantie, la clause dâindexation des loyers, etc. Que faut-il en retenir ?
« Immobilier commercial » : des nouveautés en faveur du locataire
Parce que le loyer dâun local commercial est une charge importante pour lâentreprise, la loi de simplification de la vie Ă©conomique apporte plusieurs nouveautĂ©s en faveur du locataire afin de renforcer ses droits et de lâaider Ă protĂ©ger sa trĂ©sorerie.
Une dĂ©finition prĂ©cise du local commercial ou artisanal pour lâapplication du droit de prĂ©fĂ©rence
Pour rappel, lorsque le propriĂ©taire dâun local commercial ou artisanal souhaite vendre son bien, il doit respecter le droit de prĂ©fĂ©rence qui profite au locataire.
ConcrĂštement, il doit lâinformer par lettre recommandĂ©e avec demande d’avis de rĂ©ception, ou remise en main propre contre rĂ©cĂ©pissĂ© ou Ă©margement, de son intention de vendre le local, ainsi que du prix et des conditions de la vente.
Cette notification vaut offre de vente au profit du locataire, qui peut alors lâaccepter et acheter le local quâil loue. Sauf que la rĂ©glementation ne dĂ©finissait pas le terme de « local commercial » ou « artisanal » dans le cadre du droit de prĂ©fĂ©rence du locataire.
Câest Ă prĂ©sent chose faite.
Le local Ă usage commercial dĂ©signe tout local destinĂ© Ă l’exercice, Ă titre principal, d’une activitĂ© de commerce de dĂ©tail ou de gros ou de prestations de service Ă caractĂšre commercial. Cela comprend les rĂ©serves et les emplacements attenants affectĂ©s Ă ces activitĂ©s ou ces prestations, Ă l’exclusion des locaux Ă usage exclusif de bureau et des entrepĂŽts.
Le local Ă usage artisanal dĂ©signe tout local destinĂ© Ă l’exercice, Ă titre principal, d’une activitĂ© professionnelle indĂ©pendante de production, de transformation, de rĂ©paration ou de prestation de services figurant sur cette liste, y compris les rĂ©serves et les emplacements attenants affectĂ©s Ă cette activitĂ©, Ă l’exclusion des entrepĂŽts.
Ces dĂ©finitions permettront, concrĂštement, de sĂ©curiser le droit de prĂ©fĂ©rence du locataire. Elles sâappliqueront aux ventes intervenant Ă compter du 26 mai 2026.
La mensualisation des loyers
Le locataire a maintenant la possibilitĂ© de demander, et dâobtenir, la mensualisation des loyers dus. Cette modalitĂ© de paiement peut ĂȘtre un outil de gestion de la trĂ©sorerie pour lâentrepreneur.
ConcrĂštement, le locataire a le droit de choisir la mensualisation, sauf en cas dâarriĂ©rĂ©s de loyers ou de charges non contestĂ©s, pour le local destinĂ© Ă lâexercice :
- d’une activitĂ© de commerce de dĂ©tail ou de gros ;
- de prestations de services Ă caractĂšre commercial ou artisanal.
Sa demande prend effet Ă compter de l’Ă©chĂ©ance suivante de paiement du loyer prĂ©vue par le bail.
Cette facultĂ© est ouverte Ă tous les baux en cours dâexĂ©cution, y compris ceux qui ont Ă©tĂ© conclus avant la loi de simplification.
Notez quâil nâest pas possible de priver le locataire de cette possibilitĂ© de mensualisation dans le contrat de bail : une telle clause sera rĂ©putĂ©e non Ă©crite.
Les nouveautés concernant le dépÎt de garantie
Les garanties pouvant ĂȘtre demandĂ©es par le bailleur font lâobjet, Ă prĂ©sent, dâun cadre plus strict.
Tout dâabord, lorsque le loyer est mensualisĂ©, le montant de la garantie est plafonnĂ© au total dâun trimestre de loyers. Ce plafonnement sâapplique Ă©galement Ă lâensemble des garanties (par exemple le nantissement ou le cautionnement) que peut demander le bailleur.
Notez que, dans cette hypothĂšse, ces sommes ne portent pas intĂ©rĂȘt au profit du preneur Ă bail. Il sâagit ici dâune exception au principe selon lequel les sommes payĂ©es en avance par le locataire dans le cadre dâune garantie et qui dĂ©passent le total de 2 Ă©chĂ©ances de loyers produisent des intĂ©rĂȘts au profit du locataire.
Ce plafonnement des garanties sâappliquera aux baux conclus ou renouvelĂ©s Ă compter du 26 mai 2026.
Ensuite, la loi apporte des nouveautĂ©s en cas de mutation du local, câest-Ă -dire en cas de changement de propriĂ©taire.
Dans cette hypothĂšse, lâancien bailleur transmet au nouveau bailleur lâobligation de restitution au locataire des sommes payĂ©es au titre du dĂ©pĂŽt de garantie.
Si des garanties autres avaient Ă©tĂ© consenties Ă lâancien propriĂ©taire, ces derniĂšres prennent fin avec le changement de bailleur. Lâancien bailleur doit alors faire le nĂ©cessaire pour lever ces garanties et les restituer, le cas Ă©chĂ©ant, dans un dĂ©lai maximum de 6 mois.
Ces nouveautĂ©s sâappliqueront aux changements de propriĂ©taires (en cas de vente, de donation, etc.) intervenus Ă compter du 26 aoĂ»t 2026.
Enfin, le sort du dĂ©pĂŽt de garantie et des autres garanties Ă la fin du bail fait, maintenant, lâobjet dâun cadre prĂ©cis afin de sĂ©curiser les parties.
ConcrÚtement, le bailleur doit restituer le dépÎt de garantie au locataire dans un « délai raisonnable ». Ce délai est, toutefois, plafonné à 3 mois à compter de la remise des clés.
Notez que la remise des clĂ©s peut se faire en mains propres ou par lettre recommandĂ©e avec demande dâavis de rĂ©ception.
Les Ă©ventuelles dĂ©ductions faites par le bailleur sur le dĂ©pĂŽt de garantie effectuĂ© en numĂ©raire doivent ĂȘtre justifiĂ©es.
Pour les autres garanties, le cas Ă©chĂ©ant, le bailleur doit faire le nĂ©cessaire pour les lever et les restituer dans un dĂ©lai de 6 mois, de la mĂȘme maniĂšre que dans lâhypothĂšse du changement de propriĂ©taire Ă©voquĂ©e ci-dessus.
Ces modalitĂ©s de restitution des garanties prĂ©vues par la loi seront applicables aux baux en cours dâexĂ©cution Ă la date du 26 mai 2026, Ă condition que la remise des clĂ©s du local intervienne Ă compter du 26 aoĂ»t 2026.
La clause dâindexation des loyers
La loi de simplification de la vie économique fait entrer dans la réglementation les clauses dites « tunnel ».
Ainsi, il est Ă prĂ©sent possible, dans les baux de locaux Ă usage commercial, de prĂ©voir une clause qui encadre, dans les mĂȘmes proportions, Ă la hausse et Ă la baisse, la variation annuelle de l’indice des loyers commerciaux prise en compte pour la rĂ©vision du loyer.
Les nouveautés propres à la clause résolutoire
Dans le cadre dâune demande de rĂ©siliation par le bailleur, qui souhaite se prĂ©valoir de la clause rĂ©solutoire du bail pour non-paiement des loyers, le locataire a dĂ©sormais la possibilitĂ© de demander au juge :
- des délais de paiement des loyers dus ;
- et la suspension des effets dâune clause rĂ©solutoire pour non-paiement des loyers.
Cependant, le locataire doit ĂȘtre en capacitĂ© de rembourser sa dette locative et de reprendre le paiement intĂ©gral du loyer courant avant la 1re audience.
Notez quâil nâest cependant pas possible de suspendre les effets dâune clause rĂ©solutoire si la rĂ©siliation du bail a Ă©tĂ© dĂ©finitivement constatĂ©e ou prononcĂ©e par une dĂ©cision de justice dĂ©finitive (câest-Ă -dire quâaucun recours nâest plus possible).
Cette nouvelle rĂšgle sâapplique aux demandes des locataires formulĂ©es Ă compter du 28 mai 2026.
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